Engrais vert trèfle : quel trèfle choisir

Engrais vert trèfle : blanc, violet, incarnat ou d'Alexandrie. Cycle, dose, usage et semis à la volée. Choisissez la bonne espèce pour votre couvert.

couvert d'engrais vert de trefle incarnat en fleur rouge cramoisi

Partager cet article

Engrais vert trèfle : quel trèfle choisir pour votre couvert

L'engrais vert trèfle est une légumineuse qui fixe l'azote de l'air et le restitue au sol quand le couvert se décompose. Quatre espèces sortent du lot : le trèfle blanc, le trèfle violet, le trèfle incarnat et le trèfle d'Alexandrie. Elles n'ont ni le même cycle, ni la même dose, ni le même usage. Le blanc est un pérenne rampant qu'on garde plusieurs années. L'incarnat est un annuel rapide pour un couvert d'automne. Le violet est un bisannuel productif qu'on fauche. Celui d'Alexandrie est un annuel d'été à semer tôt. Le bon choix dépend de ce que vous voulez faire : un couvert bas, un sursemis, une association ou de la biomasse.

Pourquoi le trèfle fait un bon engrais vert

Une légumineuse qui capte l'azote de l'air

Le trèfle appartient à la famille des Fabacées, comme la vesce, la féverole, le pois ou la luzerne. En clair, c'est une légumineuse. Ses racines s'associent à des bactéries qui captent l'azote de l'atmosphère et le fixent dans des nodosités. Une graminée ou une crucifère (moutarde, radis) ne sait pas faire ça : elle ne fait que recycler l'azote déjà présent dans le sol. Le trèfle, lui, en apporte du neuf.

Quand le couvert est détruit et se décompose, cet azote repart vers la culture suivante. La quantité varie selon l'espèce, la durée du couvert et les conditions, mais un trèfle bien implanté restitue plusieurs dizaines de kilos d'azote par hectare. C'est de l'azote que vous n'aurez pas à acheter.

À noter : la fixation de l'azote demande du soufre. Un sol carencé bride le travail des légumineuses. C'est un point qu'on oublie souvent quand on monte un couvert riche en trèfle, et c'est tout le rôle du soufre dans la fixation de l'azote par les légumineuses.

Un couvert bas, souple à associer

Le trèfle reste bas, sauf le violet et l'incarnat qui montent un peu plus. Cette taille modeste est un atout : il ne concurrence pas une culture en place, il se glisse sous un maïs ou un tournesol, il tient le sol sans faire de l'ombre partout. C'est aussi une plante à petites graines, ce qui change la façon de le semer et de le doser.

Les quatre trèfles à connaître

Chaque trèfle a un profil. Le tableau ci-dessous résume l'essentiel avant d'entrer dans le détail.

TrèfleCyclePortDose pure (kg/ha)Usage phare
IncarnatAnnuelDressé, rapide18 à 25Couvert d'interculture d'automne
VioletBisannuelDressé, productif15 à 20Fauche, biomasse, association
BlancPérenne (4 à 5 ans)Rampant, bas4 à 8Sursemis prairie, couvert bas
AlexandrieAnnuel estivalDressé20 à 25Couvert d'été gélif, semis précoce

Le trèfle incarnat, l'annuel rapide

Le trèfle incarnat (Trifolium incarnatum) est annuel. C'est le plus rapide à s'installer de tous les trèfles. Semé en fin d'été, il couvre vite et produit une bonne biomasse avant l'hiver, ce qui en fait un excellent couvert d'interculture. Il fleurit en rouge au printemps et attire les pollinisateurs. Comptez 18 à 25 kg/ha en pur. Il craint les gros gels prolongés : dans les zones froides, on le sème assez tôt pour qu'il soit bien développé avant les premières gelées.

Le trèfle violet, le bisannuel productif

Le trèfle violet (Trifolium pratense) est bisannuel, parfois tenu deux à trois ans. Il a un pivot qui descend et travaille la structure en profondeur. C'est le trèfle de la biomasse et de la fauche : il monte plus haut que les autres et donne un bon volume de fourrage ou de matière verte. En engrais vert et en association graminées-légumineuses, il est très utilisé. Dose en pur : 15 à 20 kg/ha. Bien adapté aux sols frais et profonds.

Le trèfle blanc, le pérenne rampant

Le trèfle blanc (Trifolium repens) est le pérenne de la famille. Il tient 4 à 5 ans, il rampe au sol grâce à ses stolons et forme un couvre-sol dense et bas. Il supporte le pâturage et le piétinement, ce qui en fait le trèfle des prairies et du sursemis. Ses graines sont petites, donc la dose est faible : 4 à 8 kg/ha en pur, souvent 2 à 5 kg/ha en mélange ou en sursemis. Il aime les sols un peu humides et tolère l'acidité mieux que les autres. C'est le couvert bas permanent par excellence, celui qu'on glisse sous une culture ou qu'on installe pour durer.

Le trèfle d'Alexandrie, l'annuel estival

Le trèfle d'Alexandrie (Trifolium alexandrinum) est un annuel d'été à croissance rapide. Il aime la chaleur et pousse vite quand il fait doux, mais il gèle dès les premières gelées : c'est un couvert d'été, pas d'hiver. Pour qu'il donne, il faut le semer tôt, dès la moisson, quand il reste de l'eau et de la chaleur. Semé trop tard, il déçoit. Dose en pur : 20 à 25 kg/ha. Il trouve sa place dans les couverts d'interculture longue d'été, souvent en mélange.

Quelle dose et quelle période de semis

Le trèfle a de petites graines. Deux conséquences pratiques. D'abord, on sème peu : quelques kilos à l'hectare suffisent en pur, encore moins en mélange. Une dose trop forte coûte cher et étouffe le couvert. Ensuite, la graine se pose près de la surface. Un semis trop profond ne lève pas. Le trèfle se plaît en surface, dans un sol rappuyé et humide.

La fenêtre de semis dépend de l'espèce et de l'objectif. Le schéma ci-dessous donne les grandes périodes.

En résumé : incarnat et Alexandrie se sèment en fin d'été pour un couvert d'interculture, l'Alexandrie devant partir le plus tôt possible après la moisson. Le violet se sème au printemps ou en fin d'été. Le blanc se sème au printemps ou à l'automne, et se prête bien au sursemis dans un couvert ou une prairie déjà en place.

Sursemis, association, couvert bas : où placer le trèfle

Le trèfle se travaille rarement seul dans un champ nu. Il donne le meilleur de lui-même dans trois situations.

En sursemis dans une prairie ou un couvert

Le sursemis consiste à ressemer une espèce dans un couvert végétal ou une prairie déjà en place, sans la retourner. Le trèfle blanc est le champion de cet exercice : bas, rampant, il se faufile au ras du sol et regarnit une prairie qui s'éclaircit. On ajoute ainsi de la légumineuse et de l'azote sans tout casser. C'est une technique douce et économique.

En association dans un couvert multi-espèces

Un couvert performant mélange souvent plusieurs familles : une graminée pour la biomasse et le piégeage de l'azote, une crucifère pour le travail racinaire, une légumineuse pour l'azote. Le trèfle joue la carte de la légumineuse. En mélange, on baisse fortement sa dose, car il n'est qu'un des composants. Le violet et l'incarnat sont fréquents dans ces mélanges d'interculture ; le blanc dans les mélanges longue durée. Le trèfle n'est qu'une brique du mélange : pour le reste, tout se joue au moment de choisir les bonnes graines de votre couvert.

En couvert bas sous une culture

Le trèfle blanc, bas et couvrant, sert de couvert vivant sous une culture en place : sous un colza, un maïs, un tournesol. Il protège le sol, limite les adventices et prépare l'azote de la culture suivante, sans monter concurrencer la tête de culture. C'est un usage exigeant sur le pilotage, mais très intéressant quand il est réussi.

Semer le trèfle à la volée par drone

Le trèfle coche toutes les cases pour le semis par drone. Ses graines sont petites et légères : le drone les répartit en surface, de façon régulière, exactement là où le trèfle veut être. Pas besoin d'enfouir profond.

Surtout, le drone sème sans rouler sur la parcelle. Rien ne passe au sol, donc pas de tassement. Et il peut semer dans une culture déjà en place ou dans un couvert existant, là où un tracteur ne passerait plus. C'est ce qui rend le drone si adapté au sursemis de trèfle blanc et à l'installation d'un couvert bas sous culture. Vous gardez la culture debout, le drone survole, la graine tombe au sol.

Attention à ne pas confondre : ici on parle de semer des graines, pas de pulvériser un produit. Le drone porte une trémie et un disque d'épandage qui projettent la graine, pas des buses. Le semis de couverts par drone et la pulvérisation de produits n'ont ni le même matériel ni le même cadre. Avec le semis de couvert par drone, OLIGOPlus sème vos couverts, y compris les mélanges à base de trèfle, directement à la volée.

FAQ

Découvrez nos autres articles de blog