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5,5 tMS de biomasse contre 1,8 tMS : ce que la date de semis du couvert change vraiment

En 2025, Novalis Terra s'est associée à LaRecolte et Gaya Consultants pour monter une plateforme d'essais couverts végétaux à Lierville, dans l'Oise (60240).

22 modalités, 19 mélanges, 5 méthodes d'implantation testées (drone, épandeur à engrais, semis direct, TCS, fissuration + TCS), et 3 dates de semis échelonnées du 30 juin au 25 août (pesées réalisées le 31 octobre).

Sol limoneux peu argileux, précédent blé tendre paille broyée, culture suivante betteraves sucrières. Les restitutions ont été calculées via la méthode MERCI.

Verdict : le facteur le plus impactant sur la biomasse, c'est la date de semis !

Le facteur clé : la date de semis

Plus on sème tôt, plus la biomasse est importante, plus les restitutions NPK au sol sont élevées et plus c’est rentable.

Biomasse moyenne :

  • 30 juin — drone 4,5 tMS/ha
  • 5 août — SD / TCS 3,2 tMS/ha
  • 25 août — TCS tardif 2,1 tMS/ha

Ce facteur temps prime sur le choix du mélange et même sur le coût d'implantation. Les semis tardifs s'accompagnent aussi de passages supplémentaires d'outils de travail du sol, ce qui hausse les charges et impacte la rentabilité.

Ce que disent les données :

  • Le semis direct favorise la production de biomasse par rapport au TCS : en moyenne +0,9 à +0,4 tMS/ha.
  • La fissuration est parfois nécessaire pour préparer la culture suivante, mais elle a un impact négatif sur la production de biomasse du couvert.
  • Certains mélanges, malgré un coût initial plus élevé, génèrent le meilleur retour sur investissement.

Exemple du Recotech MULTI — même mélange, 4 méthodes

La plateforme a testé le même mélange (Recotech MULTI : trèfle incarnat, radis fourrager, roquette, moutarde d'Abyssinie, phacélie, niger) avec quatre itinéraires différents.

L'écart de biomasse est notable !

« Au drone, le trèfle incarnat s'est avéré particulièrement adapté — à lui seul, il a produit 91 % de la biomasse dans cette modalité. Le trèfle incarnat démarre plus lentement que les autres espèces, mais couvre très bien le sol sur la durée et ne monte pas vite en floraison. » — Romain Baude, Novalis Terra

Les réussites et les échecs sur la plateforme

👍 Points positifs :

  • Au drone ou à l’épandeur, les légumineuses se sont très bien développées.
  • Malgré le sec du mois d’août, les densités de levée sont bonnes, et ce dans toutes les modalités.
  • Bonne gestion du salissement dans le couvert.

👎 Points d’amélioration :

  • La présence de repousses de lin et de colza ont pénalisé le couvert → A nécessité un broyage.
  • La variété de roquette est trop précoce.
  • La fertilisation azotée n’a pas été valorisée par de la production de biomasse, meilleure dégradation des pailles ?

💡 Les rappels de réussite :

  • Attention à la rémanence des herbicides.
  • Semer un couvert sur un sol propre.
  • Stopper le couvert à floraison (C/N équilibré = 24) Ex: il faut apporter 5 U d’N par tonne de paille de blé pour un C/N équilibré.

La parole à Romain

Romain Baude est étudiant ingénieur agronome en alternance chez Novalis Terra. Il a participé à la mise en place de la plateforme.

Comment un agriculteur doit-il choisir son mélange pour un semis avant moisson ?

« Il faut d'abord fixer ses objectifs : structuration du sol, restitution d'éléments, production de biomasse, effet sur les maladies de la culture suivante. Et penser aussi à la rémanence des herbicides — un couvert n'efface pas ce qu'il y a dans le sol. Semer sur une parcelle propre est une condition de succès. »

Quels sont les principaux avantages du drone par rapport aux autres méthodes ?

« Pas d'intervention sur la structure du sol, couverture permanente dès la moisson, effet concurrentiel fort sur les adventices si la parcelle est propre au départ — et pas de temps à passer pour l'agriculteur. C'est la technique où le couvert est le plus avancé au moment où la culture suivante est implantée. »

Qu'est-ce que tu dirais à un agriculteur qui hésite encore ?

« Il faut essayer. S'inspirer des entreprises qui font ça, aller voir les parcelles, puis comparer chez soi. On a monté cette plateforme exactement pour ça : avoir des résultats concrets qui permettent aux autres de franchir le pas. Je pense que le semis avant moisson par drone ouvre de belles perspectives pour la réussite des couverts. »

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